Les mots qui blessent, les silences qui soignent

 
 

Les mots qui blessent, les silences qui soignent

Après le séisme du diagnostic, il y a le poids des mots.
Ceux qui arrivent dans les jours, les semaines, les mois qui suivent. Des phrases souvent maladroites, nées d'une ignorance qui ne se sait pas, et qui heurtent parfois avec la violence d'un impact.

« Elle va mieux ? Ça va passer ? Elle guérit ? »
Non. Le diabète de type 1 ne s'efface pas. Et répéter cette vérité épuise, car au fond de nous, on aimerait tant pouvoir répondre "oui". On aimerait que ce ne soit qu'un mauvais rêve dont on finit par s'éveiller.

“Ah… c’est parce qu’elle mangeait trop de bonbons ?” Oui. On me l’a dit. Avec un grand éclat de rire. Quand on sort d’un service de réanimation, ce genre de phrase ne glisse pas.

Puis, il y a cette phrase qui m'a cueillie à mon retour, le visage marqué par l'épuisement du coma de ma fille :
« Mais pourtant, tu es nutritionniste ? »
Comme si la connaissance du corps pouvait ériger un rempart contre une tempête auto-immune. Comme si manger vivant protégeait de l'imprévisible. Le diabète de type 1 n'est pas le fruit d'un excès de sucre ou d'une erreur de parcours. C'est un destin cellulaire. Aucune mère ne devrait porter, en plus de son angoisse, le soupçon d'avoir "mal fait".

J'ai entendu les comparaisons qui minimisent (« Au moins, ce n'est pas un cancer »), comme si la douleur devait se peser ou se hiérarchiser. J'ai entendu les « Moi, je ne pourrais pas », alors que nous non plus, nous ne pensions pas en être capables. Mais on le fait. Non par héroïsme, mais par une adaptation quotidienne, une présence de chaque seconde.

Le plus dur, parfois, ce n'est pas la gestion de la courbe. Ce sont les regards qui s'éloignent, les invitations qui se font rares, comme si notre nouvelle réalité était contagieuse.

Mais au milieu de ces ombres, il y a les lumières.

Je me souviens de cette amie pharmacienne qui m'écrivait souvent durant notre séjour en pédiatrie. Des mots discrets, sans attente. Elle a su dire, avec une intelligence émotionnelle rare, que l'anniversaire de sa fille approchait mais que c'était sans doute trop tôt pour nous. Elle avait raison. Ce jour-là, je n'ai pas reçu de pitié, j'ai reçu du respect.

Il existe des êtres qui soutiennent sans envahir, qui accompagnent sans dramatiser. Ces présences-là changent tout. Elles nous rappellent que la bienveillance concrète est un baume puissant.

La plupart des mots qui blessent naissent de la peur ou de la gêne. Mais ils laissent une trace sur nos cœurs déjà fragiles. Si vous côtoyez une famille DT1, sachez qu'un simple « Je suis là » ou « Comment puis-je t'aider aujourd'hui ? » vaut toutes les théories du monde.

Et à toi, maman, qui as peut-être reçu ces flèches malgré toi, entends ceci :
Tu n'as rien provoqué. Tu n'as rien mérité. Tu n'as pas échoué.

Tu navigues sur une mer inconnue avec un courage immense. Ce que tu fais chaque jour, chaque nuit, est bien plus que suffisant. C'est un acte d'amour absolu.

— Marie-Laure
J’écris au rythme des saisons, entre la mer, les plantes et le silence.

 
 

POUR ALLER PLUS LOIN

IMMERSION MAMAN DT1

Parce qu'ici, tes mots sont compris avant même d'être prononcés,

j’accompagne les mamans qui souhaitent traverser ces étapes avec plus de clarté, de sororité et un cadre concret.

Parce qu’après le choc, la vie continue, et elle peut être habitée avec une intensité nouvelle.

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