Écouter ta marée intérieure

À lire le soir, lorsque le monde se fait plus lent. Dépose ici ce que tu portes. Le texte s’ouvrira doucement.

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À lire le soir, lorsque le monde se fait plus lent. Dépose ici ce que tu portes. Le texte s’ouvrira doucement. 〰️

 

Il existe en toi une mer ancienne. Un mouvement discret, parfois imperceptible, et pourtant souverain. Une respiration profonde que l’on oublie trop souvent de laisser circuler. Nous traversons nos journées portées par l’élan du faire, du tenir, du suivre. Nous ignorons ces vagues subtiles qui montent, se retirent, appellent ou protestent en nous. Et pourtant, ton corps le sait. Ton souffle le dit. Ton cœur le murmure.

Écouter ta marée intérieure, c’est revenir à ce langage primitif que tu habites depuis toujours. Celui qui ne s'embarrasse ni de logique ni de mots, mais qui s'exprime par les sensations, les tiraillements doux, les silences lourds ou les élans soudains. Ce n’est pas une compétence à acquérir, c’est un souvenir à retrouver.

Tu le sens lorsque ta poitrine se serre devant ce qui ne t’appartient plus. Tu le sens lorsque ton ventre s’ouvre devant un choix qui te veut du bien. Tu le sens lorsque ton énergie se retire, comme l’eau à marée basse, t’invitant à l'immobilité, à l'écoute, au repos. Ton corps n’a jamais cessé de parler ; ce sont nos vies bruyantes qui nous ont parfois rendues sourdes à son chant.

« Ta vérité a le rythme des vagues.
Écoute-la. Elle t’emmènera toujours là où tu dois aller. »

Alors, commence par un geste simple. Assieds-toi ou allonge-toi. Pose une main sur ton ventre, l’autre sur ton cœur. Respire, simplement. Observe la vague qui vient et qui repart. Tu n’as rien à forcer, rien à dompter. Sens, seulement.
À quel instant ton souffle se fait-il plus court ? À quel moment ton esprit s’emballe-t-il ? À quel moment ton corps soupire-t-il d'aise ? Ce sont tes phares dans la nuit intérieure. La marée ne se trompe jamais. Elle te montre avec une précision d'orfèvre ce qui t’appelle, ce qui te blesse, ce qui te nourrit ou ce qui te vide.

Parfois, écouter ce flux demande du courage. Car la marée t’invite à t’éloigner des rivages qui ne sont plus les tiens. Elle te pousse vers ce qui t’effraie mais te fait grandir. Elle t'apprend à dire non, à dire oui, à dire stop. C’est un mouvement vivant, changeant, indompté. Comme toi. Tu n’es pas faite pour rester immobile et figée. Tu es faite de cycles et de flux. Tu es une succession de saisons intérieures, comme autant de vagues s'écrasant sur le sable.

Lorsque tu honores ce rythme, la vie devient plus douce. Tu te sens moins dispersée, plus ancrée. Ton énergie retrouve son chemin. Ta marée intérieure est ta boussole la plus sûre. Elle ne crie pas, elle ne force rien : elle chuchote.

Écoute-la. Elle sait. Depuis toujours. Pour toujours.

— Marie-Laure
J’écris au rythme des saisons, entre la mer, les plantes et le silence.

 

“Dans Secret Garden, les rituels ne sont pas expliqués.
Ils sont vécus, mois après mois.”

À écouter avec ce chapitre :

Himalaya - Nomadic

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